Le chant des forêts, un film à voir pour plonger dans l’intimité du monde sauvage

Publié le
Olivier de Sadeleer

Le 20 janvier dernier, j'ai eu la chance d'assister, à Bruxelles, à l'avant-première du film "Le Chant des forêts" en présence du réalisateur Vincent Munier. Photographe-naturaliste, il est pour moi l'un des plus grands de sa génération. L'un des plus modestes aussi. Avec lui, pas de triche, pas de mise en scène, pas d’animaux apprivoisés. Juste une vie entière consacrée à aller, à l'affût, sur la pointe des pieds, à la rencontre du monde sauvage et à en rapporter la beauté sur papier glacé.

Aujourd'hui, c'est par le biais du cinéma, dans un film sublime à mon avis, qu'il nous emmène avec lui dans l'intimité de la forêt des Vosges. Il nous invite à repenser notre lien aux autres et au vivant. C'est un conte écologique, et écologiste. Une lettre d'amour à la nature près de chez nous.

Pic noir qui creuse son nid

 

Et je ne suis pas le seul à avoir été séduit par ce modeste chef-d'œuvre. Les volontaires de Natagora vous invitent, en février, à des projections partout en Wallonie et à Bruxelles. Certaines seront suivies d'échanges et de débats. N'hésitez pas. Venez nombreux, petits et grands. C'est un voyage inoubliable.

Où et quand venir voir le film avec Natagora ?

  • 28/01 à 20h15 à Waremme (Cinéma Le Variété) avec Natagora, Canopéa et Forêts et naturalité
  • 02 février à 20h15 à Gedinne (Ciné Gedinne) avec Natagora Lesse & Houille
  • 03 février à 18h00 et à 20h00 à Libramont (Cinéma Le Totem) avec Natagora Ardenne centrale.
  • 04 février
    • À 18h45 à Bruxelles (Cinéma Vendôme) avec Natagora, European Environmental Bureau et Festival Alimenterre,
    • à 20h00 à Bouillon (Ciné Bouillon) avec Natagora Semois ardennaise.
  • 06 février à 20h15 à Habay-la-Neuve.
  • 11 février à 18h à Liège (Cinéma Le Sauvenière) suivi d'un débat.
  • 13 février à 20h00 à Marche-en-Famenne (CineXtra Marche) avec Natagora Famenne suivi d'un débat auquel participera Natagora.

Synopsis

Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite au cœur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l'affût dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx... et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.

Vincent Munier à propos de son film

J'ai eu la chance d'assister à un échange avec le réalisateur à la fin de la séance. Voici quelques morceaux choisis :

"On a essayé, c'est une proposition en tout cas, de toucher les gens. Non pas avec beaucoup de paroles humaines. Vous avez vu, on murmure, on chuchote. Mais beaucoup avec ce que provoque la forêt. Avec toutes ces vibrations. Ce côté très instinctif. Cette énergie, les émotions que peut provoquer en nous le sauvage. En tout cas. Et qui vient réveiller des choses en nous."

"Elle a son propre chant, subtil, discret et parfois si puissant. Je voulais que le spectateur vive cette expérience comme s’il était lui-même à l’affût, plongé dans l’obscurité, tous ses sens en éveil."

Vincent Munier et son fls qui photographient la nature

"À l’affût, on entend avant de voir, que ce soit la hulotte, le grand-duc, le cerf, la grue, et bien sûr le grand tétras. La nuit surtout, les sons dessinent les présences : un souffle, un craquement, le bruissement d’une aile que l’on devine dans l’ombre. Nous avons essayé de rester "en murmure", de chuchoter plutôt que de parler."

"C’est une façon d’habiter la forêt. Très peu de bruitages ont été ajoutés. Les sons sont naturels, enregistrés sur le terrain, en plaçant des micros sur batterie, quelques jours dans des endroits stratégiques. C’est la même démarche que pour l’image : pas d’artifices, pas d’effets, seulement la langue des bois, des cris, des feulements, des silences habités."

Et, un dernier mot de Vincent Munier aux bénévoles : "Tout le travail que vous faites, toutes les associations, les ONG, des enfants aux personnes âgées, qui œuvrent sur le terrain... C'est une sorte de bénévolat pour le bien commun. Je ne vois rien d'autre. C'est juste pour protéger la vie. [...] Et sans toutes ces associations, l'érosion de la biodiversité serait beaucoup plus rapide. J’ai le beau rôle aujourd’hui, sur scène, mais vous, vous êtes en première ligne. Donc franchement, bravo."

Texte : Olivier de Sadeleer
Photos : Vincent Munier