Ermitage
L’Ermitage, un vallon aux mille visages
À Braine-le-Château, la réserve naturelle de l’Ermitage se niche dans un vallon préservé, à proximité des sources du ruisseau du même nom. Sur moins de 2 ha, elle rassemble une étonnante diversité de paysages : pelouses sèches sur sable, prairies humides, mares, roselière, bois alluvial et suintements tourbeux se côtoient dans un espace à taille humaine. Restauré ces dernières années dans le cadre du projet LIFE Belgian Nature Integrated Project, ce petit coin de nature offre une belle découverte de milieux devenus rares dans le Brabant wallon.
Ermitage
Du sable sec aux terres gorgées d’eau
La particularité de l’Ermitage tient d’abord à la diversité de ses sols, tour à tour sableux, sablo-limoneux, argileux ou tourbeux. À cette variété s’ajoute un étonnant gradient d’humidité, des pelouses sèches exposées au soleil jusqu’aux zones constamment détrempées. Les nombreuses sources qui prennent naissance dans le vallon alimentent mares, suintements et milieux humides, tandis que les anciennes pratiques de fauche et de pâturage ont contribué à façonner ce paysage. Il suffit ainsi de parcourir quelques dizaines de mètres pour changer complètement d’ambiance.
Une tourbière rare en Brabant wallon
Parmi les trésors de l’Ermitage figure une tourbière de pente, un milieu particulièrement rare dans le Brabant wallon. Alimentée par des suintements, elle s’est formée là où l’humidité ralentit la décomposition des végétaux et permet l’accumulation progressive de tourbe. Ses sols pauvres et gorgés d’eau accueillent une végétation spécifique, dominée par de petites plantes adaptées à ces conditions particulières. Les mares et les zones humides voisines renforcent encore l’intérêt du site et offrent des habitats précieux aux amphibiens et aux libellules.
Quand la nature reprend ses droits
La réserve est aussi l’histoire d’une restauration réussie. En 2019, plusieurs secteurs ont été débroussaillés et étrépés afin de retrouver les sols pauvres et les végétations caractéristiques qui avaient peu à peu disparu sous les broussailles. Sur les terrains sableux, cette intervention a notamment permis de faire réapparaître une lande et une pelouse acide ; ailleurs, elle a contribué à restaurer la tourbière et des prairies maigres. Aujourd’hui, fauche tardive, entretien bénévole et pâturage extensif par des moutons et des chèvres rustiques permettent de maintenir cette mosaïque. Une petite réserve où l’on mesure concrètement comment quelques dizaines d'ares peuvent abriter une étonnante diversité de milieux naturels.