2026, l’année de la restauration ?
En septembre 2026, la Belgique devra transmettre à la Commission européenne son plan national de restauration de la nature. Cette échéance découle directement du règlement européen sur la restauration de la nature, adopté en 2024 après plusieurs années de négociations et une forte mobilisation de la société civile, des scientifiques et de nombreuses organisations environnementales. L’adoption du règlement a marqué une étape importante : il ne s’agit plus seulement de protéger la nature, mais de restaurer les écosystèmes dégradés. Mais son impact réel dépend de sa mise en œuvre par les États membres — et plus précisément de la manière dont seront élaborés les plans nationaux de restauration.
Un cadre européen, une responsabilité nationale
Le règlement européen sur la restauration de la nature constitue la première législation européenne imposant des objectifs contraignants de restauration des écosystèmes, depuis l’adoption de la directive Habitats. D’ici 2030, des mesures de restauration devront être mises en place sur au moins 20 % des terres et des mers de l’UE, avec un objectif de restauration de tous les écosystèmes dégradés à l’horizon 2050.
Si le cadre est commun, le texte laisse aux États membres une large marge de manœuvre quant aux indicateurs utilisés et aux méthodes retenues. Cette flexibilité n’est pas anodine : elle conditionne directement le niveau d’ambition réel des politiques de restauration qui seront mises en œuvre sur le terrain.
Trois enjeux clés à surveiller de près
La mise en œuvre du règlement repose sur plusieurs principes structurants, qui détermineront la portée réelle des plans nationaux. Le premier est le principe de non-détérioration. Le réglement impose aux États de veiller à ce que les zones restaurées ou en bon état ne se détériorent pas de manière significative, introduisant une exigence de cohérence entre les politiques publiques.
Le deuxième enjeu est celui de la participation du public. Le règlement prévoit explicitement l’association des parties prenantes à l’élaboration des plans nationaux, conformément aux obligations européennes en matière de participation environnementale. Cette participation ne peut être réduite à une formalité administrative : elle conditionne la légitimité, la qualité et la solidité juridique des plans.
Enfin, la méthodologie utilisée constitue un levier décisif. Définir comment l’état de la nature est mesuré, quelles surfaces servent de référence et quels indicateurs sont retenus revient à fixer, très concrètement, le niveau d’ambition de la Belgique pour restaurer la nature. Derrière ces choix techniques se jouent des orientations politiques majeures.
Une opportunité à saisir dès maintenant
En Wallonie et à Bruxelles, une très large majorité des habitats naturels est aujourd’hui en mauvais état de conservation. Le plan national de restauration représente donc une opportunité d’améliorer durablement l’état de la nature, au bénéfice des citoyennes et citoyens, de la biodiversité et des secteurs qui en dépendent. C’est une opportunité rare, comparable à l’adoption de la Directive Oiseaux et de la Directive Habitats dans les années 1980 et 1990, qui ont permis de structurer le réseau Natura 2000, aujourd’hui au cœur des politiques de protection de la nature en Belgique. Les consultations des parties prenantes ont commencé et l’administration travaille à l’élaboration du plan.
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