Il est plus que temps d'interdire les PFAS à la source

Publié le mer 19/03/2025 - 15:12

Il semblerait qu’on ne finisse jamais d’en parler : les PFAS, ces substances chimiques nocives pour notre santé et l’environnement, ont récemment fait l’objet d’une carte blanche, signée par Natagora et une quarantaine d’organisations de tous les secteurs, demandant leur interdiction. Aujourd’hui, une pétition est lancée pour demander aux gouvernements belges de les interdire. 

Ils sont partout : dans nos ustensiles de cuisine, nos vêtements imperméables, nos cosmétiques, nos emballages alimentaires… Leur résistance à l’eau, à la chaleur et aux graisses leur a valu une place de choix dans l’industrie. Mais ce qui les rend si performants les rend aussi redoutables : ces polluants éternels ne disparaissent pas. Ils s’accumulent dans notre environnement, dans nos sols, nos rivières, notre air… et jusque dans notre organisme.

Un constat accablant

Les études sont formelles : les PFAS sont nocifs pour la santé. Ils augmentent les risques de maladies thyroïdiennes, de cancers, de troubles hormonaux. Ils sont malheureusement bien présents chez nous. Un biomonitoring mené en Wallonie révèle que 94 % des personnes testées présentent des concentrations en PFAS susceptibles d’entraîner des effets indésirables. 

Et cette pollution continue, au travers de notre environnement. L’utilisation de pesticides contenant des PFAS a plus que doublé ces quinze dernières années en Belgique. En 2021, 93 tonnes de ces substances ont été répandues dans les champs wallons. Dans l’eau potable, des résidus de PFAS sont détectés dans la majorité des zones de distribution. Le coût de leur élimination est colossal, et c’est l’argent public qui finance cette dépollution.

Trop peu, trop tard

Face à ces constats, les réponses politiques sont timides. La Belgique parle d’une sortie "progressive" des PFAS, mais sans calendrier précis ni mesures concrètes. Or, nous avons déjà connu ce scénario avec l’amiante : il a fallu un siècle entre les premières alertes et son interdiction totale. 

Pendant ce temps, d’autres pays prennent des décisions fortes. Le Danemark a interdit les PFAS dans les emballages alimentaires dès 2019. La France a récemment voté une interdiction de ces substances dans les cosmétiques et certains textiles d’ici à 2026. 

Des leviers d’action concrets 

Notre gouvernement fédéral a le pouvoir de changer les choses. Il peut utiliser deux leviers d’action complémentaires :

  • Interdire les PFAS à l’échelle nationale, en interdisant la mise sur le marché et l’exportation de divers produits contenant des PFAS (comme les matériaux en contact avec des denrées alimentaires, les produits cosmétiques, ou les produits textiles). Si d’autres pays peuvent le faire, pourquoi pas nous ?
  • Soutenir une interdiction européenne. Cinq États ont déjà demandé une réglementation stricte auprès de l’Agence européenne des produits chimiques. La Belgique doit s’engager à leurs côtés.

Rejoignez la mobilisation en signant la pétition 

Bonne nouvelle : nous ne sommes pas les seuls à demander ces interdictions. Une quarantaine d’organisations du secteur de la santé, de l’environnement et de l’eau, dont Natagora, ont récemment interpellé les ministres concernés au travers d’une lettre ouverte

Aujourd’hui cependant, c’est à vous que nous faisons appel : une pétition a été lancée par Canopea il y a quelques semaines et a déjà reçu un nombre important de signatures. Chacune d’entre elles compte. Ajouterez-vous la vôtre ?