Parc national de l’Entre-Sambre-et-Meuse : trois ans et demi déjà !

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Le premier plan opérationnel du Parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse s'achève. À l’heure de ce premier bilan, les résultats dépassent les ambitions de départ, et Natagora a participé activement à l'aventure.

Créé fin 2022, le Parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse vient de publier le bilan de ses trois premières années. Sur 22 554 hectares, entre Ardenne, Fagne et Calestienne, une des régions les plus riches en biodiversité de Belgique, mais aussi l'une des plus défavorisées économiquement, a fait de la nature son projet d'avenir. Avec 86 % de la faune wallonne présente sur son territoire, le pari ne manquait pas d'atouts.

Renaturer : la vie revient

Dans les réserves biologiques intégrales, environ 1 800 ha de forêts évoluent désormais librement : le bois mort retrouve sa place, et avec lui le pic noir. 70 mares forestières ont été creusées.

 

Sur les pelouses calcicoles de la Calestienne, plus de 70 ha ont été restaurés, en partie sur d'anciennes plantations de pins. Orchidées et troupeaux itinérants font leur retour : cent moutons y paissent sans clôtures, guidés par la voix des bergers et de leurs chiens, depuis une bergerie construite à Olloy. Un outil de gestion écologique, mais aussi un projet économique et culturel qui crée de l'emploi local. A ce propos, nous vous invitons d'ailleurs à jeter un œil à la filière Made in ESM, qui vise à structure la filière ovine sur le territoire.

Dans la vallée de l'Eau Blanche, le Parc repense le paysage à grande échelle, dans le prolongement du projet LIFE Prairies bocagères de Natagora : terrains acquis pour agrandir les réserves, prairies restaurées, haies plantées, mares creusées. Sans oublier le plus grand projet wallon de reméandration (sur plus de 2 km de l’Eau Blanche) porté par Natagora ! Les berges accueillent déjà libellules, bécassines et cigognes.

Reconnecter : se retrouver

Cinq tours d'observation, dont une dédiée au ciel étoilé, 700 km de sentiers à points-nœuds et 34 guides formés : le territoire s'offre à ses habitants comme à ses visiteurs. Plus de 2 000 personnes ont participé aux 183 balades et événements organisés, et 79 points lumineux ont été supprimés pour faire reculer la pollution lumineuse.

Repenser : décider ensemble

Un an de travail collectif a permis d'écrire un plan directeur à vingt ans. Aujourd'hui, 27 partenaires siègent dans la coalition territoriale, 56 dans la coalition élargie, et les décisions importantes se prennent à l'unanimité, sans raboter les ambitions. Le Parc a investi 18 millions d'euros entre 2023 et 2026, dont 4 millions de marchés publics attribués à des entreprises locales. Il fédère 38 adresses du réseau des Étoiles et a décroché le label Wilder Parks ainsi qu'une bourse de l'Université de Cambridge.

Natagora, partenaire de la première heure

Natagora s'est impliquée dès le départ : elle a contribué au dossier de candidature et est représentée dans l’organe d’administration du Parc national depuis le début. Deux de nos collaborateurs, Thibaut Goret et Tom Baudoux, y sont détachés et de nombreux bénévoles impliqués, dont Alain Bouchat, conservateur de La Prée depuis 35 ans.

Natagora a mené plusieurs chantiers :

  • création de réserves naturelles : 60 ha acquis, surtout aux Tiennes de Dailly, à La Prée, à la Houppe du Bois et à Virelles.
  • restauration de milieux ouverts : 65 ha de prairies, essentiellement des prairies maigres de fauche, ont été restaurés.
  • développement du maillage écologique : 75 mares ont été creusées, plus de 3 km de haies et des centaines d’arbres fruitiers haute tige ont été plantés dans 18 vergers pour soutenir les populations de triton crêté ou du grand rhinolophe par exemple, offrant des lieux pour se nourrir, se reposer, se reproduire ou se déplacer.
  • en parallèle du projet du Parc national, Natagora a aussi mené, avec le SPW et le Parc naturel Viroin-Hermeton, la reméandration de l'Eau Blanche, rendant ainsi sa liberté à la rivière sur 20 bras de méandres.

Pour Tom Baudoux, ces résultats, "bien que modestes" face à l'érosion de la biodiversité, "donnent de l'espoir" et montrent la volonté de Natagora à s'investir en faveur du vivant.
Cet engagement s'appuie sur des visages que nos membres connaissent bien : les volontaires comme Alain Bouchat. Pour lui, "avec l'aide des gens et le temps qu'il faut, la nature peut devenir la plus grande richesse d'un territoire".

 

Ces trois années et demi sont une première étape, l’histoire d’une naissance. L’aventure continue. Aujourd’hui s’ouvre le deuxième chapitre. Longue vie au Parc national. 

Texte : Olivier de Sadeleer
Photos : Tom Baudoux et Damien Sevrin